lundi 26 novembre 2007

Conférence ministérielle de Vientiane : la RDC annonce sa candidature à l'organisation en 2010 du sommet de la Francophonie

La 23ème session de la Conférence ministérielle de la Francophonie remet la RDC au cœur des débats des pays francophones. Le prochain Sommet que d’aucuns souhaitent voir Kinshasa l’organiser en 2010 devrait remettre le pays dans un rôle de premier plan dans le concert des Nations. Tout compte fait, le retour de la paix dans l’Est Congo et la consolidation des acquis de la démocratie demeurent un enjeu qui appelle au soutien des autres pays membres dont les ministres des Affaires étrangères ayant pris part à la rencontre de Vientiane, au Laos.


photo souvenir du Sommet de Vientiane

A Vientiane, au Laos, où s’est tenue la 23ème session de la Conférence Ministérielle de la Francophonie comme dans la plupart des grandes rencontres internationales, les décisions ont parfois été scellées au cours d’apartés, dans les couloirs, au cours de dîners et d’échanges discrets auxquels les interlocuteurs intéressés qui s ‘y sont adonnés se sont parfois livrés des sérieux corps à corps.

La 23e session n’a donc pas échappé à ce rituel ! C’est tantôt le français Jean Marie Bockel, secrétaire d’Etat à la Francophonie qui fait l’objet d’un grand intérêt. C’est tantôt vers le Sénégalais Abdou Diouf que tous convergent. Même si ici, il n’est pas le seul personnage phare, l’ancien président du Sénégal, est tout de même, en tant que Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), une des pièces maîtresses avec qui nombreux veulent dévisser. Ce qui lui assure ainsi une aura certaine lui permet d’obtenir entre autres, des assises même du 20 au 21 novembre, à Vientiane, l’appui aux actions que son institution mène pour l’accompagnement des processus de transition démocratique et de consolidation de la paix.

Les Congolais de la RDC qui l’ont vu à l’œuvre, à Kinshasa, avant leurs premières élections démocratiques ne peuvent que s’en rafraîchir la mémoire ! Et, pour les 68 ministres ici présents le centre des enjeux restait, malgré tout, très mouvant. Selon l’ordre du jour, ils ont traité de la diversité culturelle, de la solidarité, avec par exemple, comme recommandation le soutien unanime à la candidature de certain de leurs pairs – cas du Maroc qui veut accueillir l’Exposition internationale 2012 à Tanger – dont le sort se joue ce lundi à Paris, en France.

la représentation congolaise (RDC) à la 23ème session de la conférence ministérielle

Pendant deux jours, les débats ont également tourné autour des stratégies de gestion et de modernisation de la gestion de l’organisation. Et de là, des décisions ont été prises pour l’ouverture des crédits et l’approbation de l’estimation des recettes de l’OIF au titre de l’année 2008. Chacun pouvant donc avoir un dossier à faire avancer. Ou aussi, selon que l’on est en règle de cotisation ou pas, simplement faire partager une idée à faire adopter pour des intérêts d’Etats, réels, même s’ils visent le moyen ou le long terme !

Un engagement à l’idéal francophone. - Ici comme dans les autres regroupements du même genre, l’enjeu peut être dans le culturel mais aussi, avoir des soubassements politiques avec au bout du compte des avantages financiers évidents. La RDC fait, pour sa part, de plus en plus croire qu’il reprend conscience de son rôle dans le concert des nations. Le président Joseph Kabila assume déjà aujourd’hui la présidence des pays de la CEEAC. Le pays abritera au mois de mai 2008, le sommet des 11 pays signataires du Pacte de Sécurité, de Stabilité et de Développement de la Région des Grands Lacs, (Pacte de Nairobi) dont il est aussi à la tête depuis la dernière réunion interministérielle tenue dans la capitale kenyane.

Le retour du Congo passe aussi malgré tout par la filière francophone. Et déjà la RDC a réaffirmé son engagement d'organiser la deuxième édition du Festival International des Langues d’Afrique en partenariat avec l’Organisation Internationale de la Francophonie, en juin 2008.

Antipas Mbusa Nyamwisi, le ministre congolais des Affaires étrangères a saisi l'occasion de ces dernières pour remercier tous les Etats qui ont exprimé leur sympathie vis-à-vis de la candidature de la RDC à l'organisation du sommet de la francophonie de 2010, à Kinshasa. Il a également confirmé que les consultations se poursuivaient encore sur cette question en attendant la décision finale des chefs d'Etat au Sommet de 2008 à Québec.

Retour la scène Internationale. - Pour un pays post-conflit comme la RDC, au delà de sa particularité de deuxième pays francophone après le Canada,en terme d’espace, l’occasion devrait être est fort belle pour confirmer un retour sur la scène internationale.

Des problèmes de mauvaise gestion des droits de l’homme l’ont fait recaler en 1991. La série des tumultes et guerres d’où le pays se remet peu à peu trouve là un exutoire que plus d’un pays francophone croit qu’il faille exploiter pour l’image qu’il faille se donner. La Roumanie où s’est tenu le dernier Sommet ne s’en est pas si mal sortie avec l’accroissement des investissements, le boom de la création des emplois et la floraison des nouvelles infrastructures hôtelières ! Une rencontre de chefs d’Etats du monde à ce niveau, c’est le déplacement de près de 4000 personnes à loger, encadrer, sécuriser… Divers apports et bénéfices à la portée du pays organisateur et de ses populations.

Il y a cependant plus capital au delà de ces apparentes questions de lifting et attraits de tous genres. C’est le fait des défis d’ordre sécuritaires à l’Est du pays que le ministre d’Etat chargé des Affaires étrangères a remis en exergue. La communication qu’il en a fait a suscité un intérêt dont l’égal semble n’être que la préoccupation des pays de la francophonie pour l’achèvement de l’installation des institutions prévues par la nouvelle constitution en RDC et dont l’objectif ultime reste la consolidation des acquis de la démocratie de même que tout l’intérêt qu’il y a à relever les autres défis de la reconstruction et du développement que le ministre a exposé à Vientiane.

Les pays francophones ont déjà promis tout leur appui pour le parachèvement au niveau local, du processus électoral dans ce pays. La Suisse vient déjà avec une contribution d’un million de dollars américains, à travers le PNUD, en faveur de l’organisation prochaine des élections locales. Il s’agit d’un appui pour la bonne tenue de ces échéances puisque, comme l’a relevé son représentant en RDC, selon qui « tout ce qui avait été fait lors des législatives et de la dernière présidentielle avait été très exemplaire ».- frédéric mulumba kabuayi. - le potentiel.

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